[Verse 1]
Dans le creux du cœur naissant, avant que rien ne soit tracé,
Un mur devait pousser, fendre deux chemins glacés.
Le septum aortico-pulmonaire, promesse jamais tenue,
Reste absent, reste muet — la cloison n'est pas venue.
Alors naît une seule artère, à cheval sur les ventricules,
Elle avale tout le sang du corps, sans détour, sans scrupule.
Systémique et pulmonaire, coronaire dans le même flot,
Un seul fleuve pour trois rivières, coulant dans un seul tuyau.
[Chorus]
Une seule artère, une seule valve, une brèche béante,
Trois fois un, jamais deux — voilà la marque errante.
Le tronc commun avale tout, le sang mêlé sans frontière,
Un vaisseau au lieu de deux, c'est la faille primaire.
[Verse 2]
Une seule valve truncale trône où deux auraient dû régner,
Trois feuillets, le plus souvent — parfois deux, parfois quatre, jamais parfaits.
Épaissie, mal taillée, elle referme à moitié,
Dès le premier souffle du nourrisson, le sang déjà s'échappe en pitié.
Elle fuit, elle régurgite, dès l'aube de la vie,
Une seule porte pour deux salles, gonflée, jamais amortie.
[Chorus]
Une seule artère, une seule valve, une brèche béante,
Trois fois un, jamais deux — voilà la marque errante.
Le tronc commun avale tout, le sang mêlé sans frontière,
Un vaisseau au lieu de deux, c'est la faille primaire.
[Verse 3]
Juste sous la valve unique, une large communication,
Dix, quinze millimètres — béance sans hésitation.
Le septum d'éjection manque, la même main a failli,
Ce n'est pas un accident voisin, c'est le même sang qui a trahi.
Le mur entre les ventricules et la cloison du tronc,
Sont une seule et même étoffe, tissée sur un seul patron.
[Bridge]
Une seule cloison devait naître, fendre le tronc et le mur,
Elle a manqué son rendez-vous, laissant deux plaies pour une sûre.
Quand l'une échoue, l'autre s'effondre — sœurs jumelles dans la chute,
Le tronc et le ventricule partagent la même lutte.
Pas deux malformations côte à côte, endormies,
Une seule fracture originelle, en deux lieux accomplie.
[Chorus]
Une seule artère, une seule valve, une brèche béante,
Trois fois un, jamais deux — voilà la marque errante.
Le tronc commun avale tout, le sang mêlé sans frontière,
Un vaisseau au lieu de deux, c'est la faille primaire.
[Verse 4]
À l'échographie, le doute se lève tôt,
Un seul gros vaisseau, un écho anormal aussitôt.
Sans chirurgie, le destin se scelle en quelques mois,
Deux voies doivent renaître, où une seule régnait autrefois.
Le chirurgien referme la brèche, sépare enfin les eaux,
Rendant au cœur brisé la promesse de deux réseaux.
[Outro]
Un tronc, une valve, un trou sous le sommet,
Là où deux devaient naître, un seul est resté.
Retiens ce chiffre pauvre, ce compte qui ne ment pas —
Un vaisseau au lieu de deux, le cœur ne l'oublie pas.