[Verse 1]
Dis-moi mon cœur, dans le poumon,
C'est quoi l'échange, c'est quoi la chanson?
Le sang arrive tout gris, tout lourd,
Il traîne un gaz carbonique, fardeau du jour
Ce gaz s'en va, soufflé dans l'air,
Et l'oxygène entre, léger, sincère,
Il file à travers la fine alvéole,
Deux gaz se croisent, chacun son rôle, sa boussole
[Chorus]
Le CO2 sort, l'oxygène s'installe,
Dans le creux des poumons, la valse s'égale,
Un sens pour partir, un sens pour entrer,
Le sang gris devient rouge, prêt à voyager
[Verse 2]
Mais dis-moi pourquoi le côté droit
Pompe tout en douceur, presque en retrait?
Parce qu'il n'a qu'un petit trajet à faire,
Juste jusqu'au poumon, pas la Terre entière
Le gauche, lui, doit pousser plus loin,
Jusqu'au bout des orteils, jusqu'au moindre coin,
Alors il forge un muscle épais et têtu,
Pendant que le droit garde un geste menu, presque ingénu
[Chorus]
Le CO2 sort, l'oxygène s'installe,
Dans le creux des poumons, la valse s'égale,
Un sens pour partir, un sens pour entrer,
Le sang gris devient rouge, prêt à voyager
[Bridge]
Ce mot savant qu'on glisse en douce: hématose,
C'est l'échange des gaz, la respiration qui compose,
Dans le velours rosé des alvéoles qui respirent,
Le sang s'oxygène, repart, sans rien dire
Deux pompes, un cœur, deux forces distinctes,
Le droit murmure, le gauche impose sa cadence,
C'est la distance qui dicte la vigueur du geste,
Petit voyage, petit effort — la logique reste
[Verse 3]
Alors retiens: dans le poumon qui souffle,
L'air frais entre et le vieux gaz s'engouffre,
Et retiens aussi ce duo pas pareil,
Un cœur à deux vitesses, discret et sans pareil
[Chorus]
Le CO2 sort, l'oxygène s'installe,
Dans le creux des poumons, la valse s'égale,
Un sens pour partir, un sens pour entrer,
Le sang gris devient rouge, prêt à voyager
[Verse 4]
Regarde la pression, cette histoire de gradient,
Le gaz va toujours du plus vers le moins, patiemment,
L'oxygène abonde dans l'air qu'on respire,
Il plonge dans le sang sans qu'on ait à le dire
Le CO2, lui, s'accumule dans les veines,
Il cherche la sortie, quitte la scène,
Pas besoin de moteur, pas besoin de machine,
Juste la nature, sa loi qui dessine
Et le cœur bat, fidèle métronome,
Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans repos, sans axiome,
Il ne pense pas, il ne compte pas ses tours,
Il pousse le sang, matin, soir et jour
[Verse 5]
Petits vaisseaux fins comme un cheveu,
Capillaires discrets, invisibles ou presque,
C'est là que tout se joue, dans ce lieu ténu,
L'échange parfait, minutieux, continu
Chaque alvéole est une petite sphère,
Entourée de sang, ouverte à l'air,
Des millions de bulles pour multiplier la surface,
Pour que chaque souffle laisse une trace
[Chorus]
Le CO2 sort, l'oxygène s'installe,
Dans le creux des poumons, la valse s'égale,
Un sens pour partir, un sens pour entrer,
Le sang gris devient rouge, prêt à voyager