[Verse 1]
Dans le creux de tes doigts, un ruisseau se réveille,
Des veines minuscules chuchotent sous ta peau,
Le sang fatigué cherche une oreille,
Il glisse, il roule, il devient ruisseau.
Chaque petit filet trouve un frère plus large,
Ensemble ils tissent une rivière tranquille,
Le voyage commence loin, sous la marge,
Vers un port caché au centre de la ville.
[Chorus]
Deux caves géantes, une salle qui attend,
Supérieure descend, inférieure remonte,
Le sinus coronaire arrive en trainant,
Trois portes ouvertes, une seule ronde,
Oreillette droite, ma salle d'attente,
Reçois-les tous avant qu'elle ne chante.
[Verse 2]
La veine cave supérieure porte les nouvelles
Du crâne, du cou, des bras qui se lèvent,
Tout ce qui vit au-dessus s'y attelle,
Un courant clair qui descend sans trêve.
Elle plonge du haut comme une hirondelle,
Cherchant l'entrée de la chambre qui l'appelle,
Au-dessus du cœur, rien ne lui échappe,
Elle range le sang dans la même nappe.
[Verse 3]
La veine cave inférieure, elle, remonte,
Du ventre, des jambes, des organes lourds,
Elle porte l'histoire du bas qu'elle raconte,
Un fleuve patient qui n'a pas de détour.
Et tout près, discret, le sinus coronaire
Ramène le sang que le cœur a brûlé lui-même,
Le muscle nourrit sa propre lumière,
Trois routes se joignent au même théorème.
[Chorus]
Deux caves géantes, une salle qui attend,
Supérieure descend, inférieure remonte,
Le sinus coronaire arrive en trainant,
Trois portes ouvertes, une seule ronde,
Oreillette droite, ma salle d'attente,
Reçois-les tous avant qu'elle ne chante.
[Bridge]
L'oreillette se gonfle, respire, s'arrondit,
Puis se serre doucement, sans un cri,
Pousse le sang vers une porte à sens unique,
La valve tricuspide, gardienne magnifique,
Elle claque, elle tient, jamais elle ne recule,
Vers le ventricule droit, la pompe qui circule,
Une salle, une porte, une pompe qui suit,
Le sang continue sa route dans la nuit.
[Verse 4]
Le ventricule droit se remplit sans hâte,
Ses parois épaisses se tendent, se dilatent,
Il sent la pression monter dans son ventre,
Prêt à pousser le sang vers une autre chambre.
La valve pulmonaire s'ouvre en silence,
Le sang s'échappe, il file, il danse,
Vers les poumons roses où l'air l'attend,
Pour respirer, pour renaître, pour être vivant.
Ce n'est qu'une étape dans un cercle éternel,
Le corps entier bat comme un seul rituel,
Chaque goutte connaît le chemin par cœur,
Un voyage sans fin, gravé dans la chaleur.
[Chorus]
Deux caves géantes, une salle qui attend,
Supérieure descend, inférieure remonte,
Le sinus coronaire arrive en trainant,
Trois portes ouvertes, une seule ronde,
Oreillette droite, ma salle d'attente,
Reçois-les tous avant qu'elle ne chante.
[Outro]
Ruisseaux, rivières, deux caves et un sinus,
Trois chemins qui deviennent un seul instant,
Oreillette, tricuspide, rien n'est diminué,
Le sang usé repart déjà content,
Vers le ventricule, il file en dansant.